Avant tout, âmes sensibles s’abstenir, ce qui suit n’est pas pour vous… Pour les autres, lire attentivement cette critique vous permettrait de faire mieux connaissance avec un univers tellement riche que cet avis est loin d’être exhaustif. Une épopée, une vraie, une comme celle du Seigneur des Anneaux… Il faudrait presque consacrer une critique à chaque volume de cette œuvre dantesque. Le titre annonce la couleur car Berserk (Kenfu Denki Berserk) est bien une histoire de folie, une folie sombre, terrifiante parfois, incontrôlable souvent, sanglante énormément. Tiré du terme « berserker » soit guerrier inspiré d’une rage divine selon les légendes scandinaves, voici un conte médiéval cruel où de nombreux éléments d’héroïc fantasy et les combats sans pitié sont légion.
Pourtant en s’y intéressant de plus près, Berserk est un seinen bien plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord mettant en scène des personnages forts, des réflexions étonnantes abordant des thèmes exceptionnels toujours aux limites de la folie mais c’est surtout sa quête principale qui retient l’attention : une histoire de vengeance à réaliser au beau milieu d’une guerre au sein de laquelle les destinées de deux hommes rivaux vont s’affronter. Le bien contre le mal… non bien pire que ça, le mal contre le mal. Ni bon, ni méchant, le côté sombre de chacun des personnages ressort pour un résultat fascinant, superbement desservi par le génialissime Kentarou Miura afin d’en faire LE meilleur manga actuel.
« I have a dream… »
Les deux premiers volumes nous proposent de nous plonger dans le monde de Midland mais c’est véritablement à partir de la moitié du troisième volume, où le mangaka nous plonge dans une rétrospection, que se lancent l’aventure et les explications… enfant, Gutts est retrouvé vivant sous un cadavre en pleine campagne. Heureusement, il est sauvé par Shizu qui décide de l’adopter mais Gambino, son mercenaire de mari refuse immédiatement d'assumer la parenté. Trois années ont passé, sa mère adoptive est mourante, Gutts se charge alors d’être l’écuyer de Gambino qui le traite mal tout en lui apprenant le maniement des armes. Gutts fait petit à petit ses preuves et impressionne même son père adoptif qui garde une grande rancœur contre cet être qui lui a pris sa femme. Gambino décide de se venger par tous les moyens de cet enfant si bien qu’une nuit, fin saoul, il décide d'assassiner notre héros mais c’est l’inverse qui se produit. Le monde de Gutts s’écroule…
Obligé de fuir les siens, il erre à travers les vastes champs de bataille comme mercenaire solitaire lorsqu’il est assailli par une troupe de mercenaires, la Brigade des Faucons. Après avoir réalisé une démonstration de sa force face à plusieurs hommes en maniant une épée gigantesque, le leader Griffith le provoque en duel et arrive à le vaincre… la première défaite de Gutts. A la fois admiratif et rival de cet homme charismatique, il va alors accepter de rejoindre sa troupe pour former une équipe invincible et réaliser le rêve de cet homme : construire un monde meilleur.
L’ambition dévorante de Griffith ne cesse d’apporter victoires et succès d’importance aux Faucons si bien qu’ils sont reçus dans les hautes sphères du royaume. Lors d’une mission plus périlleuse que les autres, la Brigade va devoir faire face à Zodd, un démon réputé pour vivre depuis plus de cent ans sans jamais avoir été vaincu et ce ne sont pas les nouveaux mercenaires stars qui vont le mettre en déroute mais c’est la prophétie du monstre qui retient l’attention : Griffith conduira à leurs pertes tous ceux qui l’entourent… s’engage alors une aventure rocambolesque où la démarche de Miura se base sur la question : la haine de Gutts est-elle plus forte que l'ambition de Griffith ?
Loup solitaire contre Faucon blanc
La galerie de portraits de Berserk est immense et faire un portrait de Gutts n’est pas une mince affaire. En français, son nom est Gatts, Gatsu en japonais et en anglais, il se nomme Gutts, ce qui signifie tripes et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il en a énormément. En effet comment décrire un homme qui a passé sa vie à combattre, un homme qui a passé sa vie à poursuivre un but fixé depuis son enfance, un homme qui côtoie la mort au quotidien, un homme qui a rêvé de gagner tout ce qui fait une vie pour tout perdre à cause du rêve d’un autre ? Ces questions sont à l’origine du scénario extrêmement étoffé de l’épopée fantastique qui fera passer par tous les états un personnage peu loquace mais diablement efficace. Impressionnant aussi bien physiquement que par sa science de la vie et du combat, il est aisément reconnaissable à ses signes distinctifs.
Portant une étrange marque au cou et borgne aux multiples cicatrices, Gutts n’est pas un héros propre sur lui et le plus dur reste à venir… tout drapé de noir et combattant avec son épée gigantesque Dragon Slayer, Gutts possède une main gauche artificielle transformée en arbalète-canon (d’ailleurs, un des grands mystères est de découvrir l’origine de toutes ces blessures). Téméraire, il n’hésite pas à se lancer face à plusieurs adversaires en même temps pour triompher au prix de multiples périls mais sa haine contre Griffith est plus forte que tout. Son passé le poursuit, son présent est une lutte permanente et son futur est un calvaire, il vit au bord de la folie avec la peur d’y basculer un peu plus chaque fois. Il héritera même du surnom "Black Swordsman" sur les champs de bataille.
Gambino et Griffith, ses deux mentors lui ont chaque fois brisé son rêve d’où une sincère répulsion pour les rapports humains. Deux fois, il a fait confiance et deux fois, il a été trahi, le visage de Gutts traduit ce sentiment à merveille. Tendra-t-il à nouveau la main vers quelqu’un d’autre ? Tel est le destin que ce personnage, qui se fera surnommé Black Swordsman, vit à travers une odyssée qui ne peut se solder que par la vengeance contre ce fameux Faucon blanc.
Griffith, leader de la Brigade des Faucons avec de longs cheveux blancs et un regard qui fait fondre tous les personnages féminins du manga, notamment la princesse Charlotte est un personnage ambigu, tour à tour angélique et diabolique. Son premier caractère s’exprime par un rêve idéaliste consistant à bâtir son propre royaume mais le second est une ambition qui se traduit par une passion dévorante pour le pouvoir qui apparaîtra progressivement jusqu’à atteindre son paroxysme lors de son passage en tant que membre à part entière de la Main de Dieu, un groupe d’êtres bien mystérieux qui ne se refusent jamais un massacre en règle. De plus, il détient un oeuf étrange nommé Behélit, source de la prophétie de Zodd…
Seconds couteaux de premier choix
Caska le seul amour de la vie du héros, jeune femme courageuse, garçon manqué sur les bords mais au charme incroyable. Elle connaîtra une transformation profonde après avoir été ravagée par le rêve de Griffith lors du fameux passage de l’éclipse qui reste comme le moment clé de la série. Si dure et si douce à la fois, Caska n’apprécie pas Gutts à leur première rencontre car celui-ci prend la place de favori qui lui revenait aux yeux du chef de la Brigade des Faucons jusqu’alors. Par la suite ces deux-là verront leurs relations changer pour ne plus être que des « compagnons d’armes » mais bien plus encore… Elle est d’ailleurs le second de la Brigade des Faucons en charge de suppléer Griffith auxquels viennent s’ajouter Judeau, Pippin, Corkus, Rickert et bien d’autres encore tous dévoués au charismatique jeune homme aux cheveux blancs.
Puck l’elfe guérisseur constitue le personnage comique de la série notamment lors de ses passages en super deformed et fait totalement contraste avec Gatts par son comportement jovial et pleutre. Néanmoins, il se révèle d’une aide précieuse dans les moments critiques même si sa capacité de guerrier est en dessous de zéro. C’est le seul véritable ami de Gutts (si on peut dire ami avec lui) lorsque celui-ci évolue seul mais bien plus tard ils seront rejoints par une troupe inattendue…
Un mot sur les autres personnages qui apparaissent ponctuellement mais qui ont des rôles importants dans les événements. Zodd, le démon immortel à la masse physique monstrueuse retrouvera sur son chemin un être semblant posséder beaucoup de clés sur le monde de Midland, le cavalier apparaissant au clair de lune, Skullknight. Sa légende nous sera révélée par Charlotte, la princesse héritière du trône, folle amoureuse de Griffith. Ce sont trois des plus marquants parmi la centaine de rencontres inattendues de Gutts, autant dire une richesse incomparable en qualité et en diversité du côté scénaristique…
Berserk, le pur sang du manga
Berserk gore ? Le sang coule à flot dans un univers de violence perpétuel. Oui, le seinen tend à évoquer les souffrances humaines et à mettre en avant des personnages qui ne demandent qu’à se battre jusqu’à la mort, les humains sont d’ailleurs souvent les premières victimes faciles de monstres de tout poil ainsi hurlements et détresse sont fréquents. Cependant, sans vouloir faire d’apologie de quoi que ce soit, je tiens à préciser que le seinen reflète quand même le Moyen Age et ses légendes, époque sanglante s’il est besoin de le rappeler. Pourtant, Berserk est bien plus qu’une lutte fratricide entre humains et monstres car les vrais thèmes de réflexion sont présents, tiraillant Gutts entre son rêve et son côté schizophrène. De plus, Miura n’a pas hésité à faire intervenir des éléments contemporains de l’époque dans laquelle il nous embarque, ainsi l’Inquisition avec les chasses aux sorcières et les champs de batailles où nombre de chevaliers se retrouvent dans un monde globalement fantastique. Angoissant et gore sûrement, mais même si les têtes volent souvent après des coups de hache, Berserk propose aussi autre chose que de la violence pure et gratuite avec des intrigues politiques, des romances incroyablement riches en rebondissements et poignantes devant leur évolution (Caska-Gutts surtout), des moments comiques avec les facéties de Puck et Ishidoro… tout ceci au travers de mondes enchanteurs, comme celui des elfes par exemple.
L’expression parfaite d’un travailleur acharné
14 ans. Berserk est paru pour la première fois dans le magazine Young Animal en 1990 mais n’a pas pris une ride. La série est très longue et promet encore de longues heures de lecture car après vingt-six chapitres, de nouveaux adversaires apparaissent sans cesse devant Gutts prenant la forme de sous-fifres de Griffith ou de monstres banaux cependant le dénouement de l'oeuvre paraît encore lointain. Miura prend son temps mais ce n’est pas pour autant que le manga perd de son intensité. Si l’intérêt de l’aventure semble se relâcher, c’est pour mieux rebondir par la suite ! Et jamais, au grand jamais, l’ennui ne se fait ressentir !
Si Kentarou Miura (Oh-Roh, Japan) est si peu connu hors de l’archipel, c’est à cause du faible nombre de ses séries parues à l’étranger. Mangaka discret, il est à l’origine de ces dessins complexes où les détails sont nombreux. L’explication se trouve sûrement dans le délai de parution lent des volumes mais le travail de l’image le pardonne amplement car l’ensemble est toujours propre et précis jusqu’à absolument incroyable parfois. En effet, avec une précision du trait qui ne cesse de s’améliorer pour atteindre des sommets aux alentours du vingtième volume, chaque case est remplie très consciencieusement aux limites du perfectionnisme. Il y a beau chercher, les défauts graphiques sont pratiquement inexistants et personnellement, j’ai dû beaucoup me forcer pour trouver des défauts à l’oeuvre car à part la piètre qualité de publication de l’éditeur Dynamics, Berserk apparaît comme une œuvre majeure que le public amateur d’héroïc fantasy se doit de posséder dans sa mangathèque.
Caractériser Berserk en une phrase : s’il ne devait en rester qu’un, ce serait lui ! Les aventures de Gatts sont tout bonnement exceptionnelles. Avec seulement, six volumes parus en France, il a déjà conquis le cœur de nombreux lecteurs. Malheureusement, Dynamics a perdu les droits et le manga n’a pas eu l’occasion de voir son septième tome traduit, cependant une bonne nouvelle semble arriver avec des bruits de réédition pour lesquels pratiquement tous les éditeurs se sont jetés dans la bataille.
L’animation d’une folie furieuse… peu maîtrisée
Devant son succès incommensurable sur format papier, Berserk connaît une adaptation vidéo. Dynamic Visions propose l’anime du même nom pour un total de vingt-cinq épisodes parus à partir de 1997. Première constatation, l’anime n’est qu’une partie du manga car il ne propose que de suivre Gutts pendant son périple avec la Brigade des Faucons jusqu’au moment de l’éclipse. La jeunesse et l’adolescence du héros sont évoquées avec moins de détails et de brio que dans le manga d’autant plus que l’animation n’est pas de première qualité. L’histoire diffère légèrement au niveau de l’apparition des événements et c’est donc forcément en moins bien qu’on apprécie le passage de Gutts à l’écran.
Cependant tout n’est pas mauvais puisque l’ambiance est bien retranscrite avec des couleurs sombres succédant à des plus claires au fur et à mesure des épisodes. Le chara design est représentatif de celui de l’œuvre et fait ressortir les sentiments exprimés assez facilement. Gutts est toujours aussi sombre, Griffith aussi dual, Casca aussi charmante… mais l’absence de personnages comme celui de Puck est assez décevante. Dommage de ne retracer que la partie de gloire de la Brigade des Faucons ! De plus, l’OST de Susumu Hirasawa à tendance rock nippon est assez dynamique pour coller avec l’anime sans plus.
Violence et amour, guerre et repos du guerrier, sentiments à profusion, fantastique et horreur, trahisons et complots succédant à bonheurs futiles… tout ça c’est Berserk. Une œuvre majeure attendue à chaque nouveau volume et qui doit son salut uniquement à la patte de Miura. Phénomène au Japon, en passe de le devenir ailleurs, l’oeuvre a commencé à se décliner sur tous les supports puisque même un jeu Dreamcast est paru. La prochaine parution des volumes de Berserk chez un éditeur un peu plus sérieux devrait replacer une série mal connue parmi celles les plus cotées toutes catégories confondues. Une seule chose à faire : harcelez vos libraires !
RESUME TOME 1
je me dois de vous prévenir que les débuts de la série ne sont pas des plus réussis, ce premier volume testé en fait donc partie. Selon les dires de l'auteur lui-même (dans une interview), la phase qui correspond aux trois premiers volumes est "ratée". Modeste ou exigeant ? En tout cas, on peut dire que même si ce premier tome n'est, en effet, pas l'un des plus transcendants du manga, il faut néanmoins avouer que le travail est bel et bien présent. Le style graphique est ici assez balbutiant, la morphologie de Guts est plutôt mal proportionnée, le design de son apparence (bottes, pantalon...) est loin de ce que l'on découvrira par la suite. Ne perdez donc pas patience si vous trouvez que le héros est "laid". La réalisation est malgré tout détaillée. Par contre, les architectures des bâtiments comme les châteaux, les murs, par exemple, sont certes bien dessinés, mais leur dessin ne fait pas "actuel (il date de 1989), et manque quelque peu de tonus dans ses traits. J'ai peur qu'il en rebute plus d'un lecteur. Ce serait dommage, avouez. Concernant les scènes d'action, car elles seront nombreuses tout au long de cette aventure, la "maturité" de l'auteur à ce niveau-là n'a visiblement pas encore été atteinte, le combat avec le monstre de ce volume montre cependant des aspects intéressants. On a ainsi droit à une certaine créativité dans les choix d'angles de vue mais la maîtrise n'est évidemment pas encore présente à 100 %. Encore une fois, tout changera dans les volumes à venir, je peux vous le certifier. Si j'insiste autant sur le fait que ça s'améliorera grandement, c'est que je tiens absolument à ce que le plus grand nombre de personnes découvre cet immense manga au scénario incroyablement travaillé, aux protagonistes d'un charisme rare et aux scènes d'action incomparables. Car oui, mesdames et messieurs, ce manga est incomparable !
Pour résumer, ce premier volume n'est en aucun cas représentatif de l'ensemble de cet incroyable chef-d'œuvre qui suit toujours son cours au Japon (on en est au chapitre 207 en prépublication, et 23 volumes ont été reliés), énorme succès au pays du soleil levant. Il faut espérer que Berserk rencontrera le même sort en France, car il le mérite. Vive Berserk, vive Kentarô Miura !
RESUME TOME 2
Guts continue son combat contre les démons. On se souvient que dans le volume 1, il avait découvert un Behelith (que Vargas le médecin détenait). Mais après une petite discussion, un soldat du comte fait irruption (parasité par le comte lui-même). Le combat tourne a l'avantage de Guts mais Vargas est fait prisonnier...
Pour ce second volume, je trouve que le dessin est un poil mieux maîtrisé que pour le premier. Les combats sont aussi nombreux et toujours aussi sanglants. Guts nous montre encore toute l'étendue de sa puissance mais on voit aussi qu'il garde encore une once d'humanité par moments (cf. le moment où il va voir le corps de Vargas). On découvre aussi toute la cruauté du comte, monstre qui fait la chasse aux hérétiques, enchainant les éxecutions. Mais même lui garde encore un peu d'humanité grâce à sa fille. On voit aussi que Puck tente toujours de "réveiller" les sentiments de Guts et que parfois, il arrive à faire mouche. L'ambiance est toujours aussi sombre, renforcée par les personnages et certaines de leurs phrases qui ne font pas dans la dentelle. On en apprend un peu plus sur le Behelith et les raisons qui ont transformé le comte en monstre sanguinaire. Bon d'après de nombreux dires, les 3 premiers volumes sont plutôt "ratés" (même l'auteur le dit) mais malgré tout, on accroche, et la suite promet d'être à la hauteur de la réputation de Berserk. Même si on sent que le dessin est encore hésitant par moments, il n'est pas moche pour autant ! Le scénario en est encore à ses débuts mais promet de s'étoffer avec les questions qu'on se pose : "qui sont les cinq de la Main de Dieu", "D'où vient la marque que Guts porte dans le cou ?", "Qui est ce petit monstre qui suit Guts partout ?", etc... Bref, c'est un très bon manga mais qui le sera encore plus avec les volumes suivants
RESUME TOME 3
Le combat entre Guts et le comte continue de plus bel. Notre héros s'en prend pas mal à la figure et semble en mauvaise posture ! Mais dans un dernier regain d'énergie, il finit par terrasser le comte. Et c'est à ce moment là que les "Cinq de la main de Dieu" ont choisi pour apparaître !
Ah, le volume 3 !! Encore un bon volume ! Le combat de Guts contre le comte prend fin ici et il a été beau ! Guts nous montre ici une fois de plus toute l'étendue de sa résistance et de sa force ! Comme vous l'aurez compris, le sang coule encore beaucoup dans ce volume ! Mais mis à part le combat, le plus intéressant reste l'apparition des Cinq de la main de Dieu et tout ce qui en découle. En effet, grâce à eux, on apprend ce qui a poussé le comte à devenir un monstre (triste raison d'ailleurs). Finalement on le montre plutôt comme étant humain et il est facile de comprendre ses sentiments. C'est aussi l'occasion de voir la première apparition de Griffith. On sent d'ailleurs toute la tension qu'il y a entre Guts et lui, ainsi que la rage sans fin de notre héros envers ce dernier ! En parlant de Guts, il est montré dans ce volume encore plus sanguinaire, plus dénué de sentiment que jamais (il suffit de le voir rire en découpant le comte !!). Mais à la fin, on peut voir que malgré les apparences, il lui reste une once d'humanité, que sous ses aspects de tueur sanguinaire, il reste un homme avec ses blessures. Un homme qui continue de combattre son passé, sans aucun avenir apparent si ce n'est le combat, encore et toujours...
La fin du volume est le début du long flash-back sur la jeunesse de Guts (flash-back qui s'arrêtera au volume 14 je ne m'abuse). On y voit la naissance tragique de notre héros ainsi que son enfance difficile. Une enfance déjà placée sous le signe des combats, du sang et de la mort. On y découvre également la froide relation entre Guts et son "père" Gambino. Celui-ci étant un mercenaire, il apprend à Guts à se battre très tôt et n'hésite pas à le blesser s'il le faut ! En tout cas une chose est sûr, on attend avec impatience le volume 4 car l'histoire se met tout doucement en place, et ça promet !! Concernant des dessins, ils sont encore un poil mieux dans ce volume. Ils sont un peu plus maîtrisés mais ce n'est rien comparé à ce qui vous attend dans les volumes futurs (je vous invite d'ailleurs à aller faire un tour sur le forum pour voir par vous-mêmes ! Pour les fainéants : on clique !
RESUME TOME 4
Le flash-back sur l'enfance de Guts continue dans ce volume. Après son baptême du feu du tome 3, notre héros se retrouve, après diverses expériences pénibles, dans un nouveau groupe de mercenaires. Suite à la difficile prise d'un château, il fait la connaissance de la brigade des Faucons. Une rencontre qui va changer sa destinée...
Ce volume 4 nous plonge dans une des phases les plus importantes de la série (si ce n'est la plus importante). Pour ceux qui connaissent l'anime, cette partie correspond à peu près à l'épisode 2 de la série TV. On comprend mieux comment Guts, à cause de sa vie et de ses expériences, est devenu l'homme que l'on a découvert dans le premier tome. Mais à la vue de ce que l'on peut lire, pouvait-il en être autrement ? Quand on a une vie baignée dans la violence, le sang et la souffrance, que peut-on faire à part s'endurcir ? Guts a vu la mort depuis sa naissance et on le considère comme un enfant maudit, apportant le malheur autour de lui. Tout ça va influencer le chemin qu'il va prendre pour le reste de sa vie. Un chemin taché de sang et de souffrance. Comme je le disais, Guts va rencontrer la brigade des Faucons et leur chef Griffith. Une rencontre marquante pour notre héros. En effet, pour la première fois, notre mercenaire va se battre contre un adversaire à sa taille et qui le surclasse sur pas mal de points. Le combat est rude et Guts prouve encore une fois que son esprit de survie est plus fort que tout. La relation naissante entre Griffith et lui est aussi intéressante puisque nos deux protagonistes que, de prime abord, tout oppose, ont en fait beaucoup de choses en commun. Le personnage du leader des Faucons est plutôt mystérieux et on sent que Guts et lui auront leur destinée nouée pour toujours. Vers la fin du volume, on voit les difficultés que l'enfant maudit rencontre pour s'intégrer dans la brigade. On assistera aussi au début de sa première campagne de bataille avec les Faucons et on découvrira par la même occasion le fin stratège qu'est Griffith.
Au niveau graphique, la transition se fait plus forte. Le dessin s'améliore encore et devient plus précis et plus agréable (mis à part quelques rares problèmes au niveau de certains visages). Le cadrage est lui aussi très bien avec parfois de très jolis plans sur différents personnages. Encore une fois, ce volume, c'est que du bon ! Tout se met en place et tout s'améliore à chaque fois ! Un vrai régal !