GTO (GREAT TEACHER ONIZUKA)

GTO (GREAT TEACHER ONIZUKA)
GTO
Manga de FUJISAWA TORU
Note globale : 9

Thèmatique : Action - Humour
Genre : Shonen

Titre original :
Great Teacher Onizuka
Nb de volumes disponibles :
En France : 25 (fini)
Au Japon : 25 (fini)
Editeur : Pika
Prix public : 6€95

SYNOPSIS
Eikichi Onizuka, 22 ans, décide de devenir enseignant après qu’une jeune fille lui a préféré son professeur gros et chauve. Dès ses premiers stages, il ne se laisse pas marcher sur les pieds par ses élèves et mate les plus voyous d’entre eux. Et pourtant, il commence à déchanter quand il essuie un deuxième revers avec une lycéenne...

RESUME TOME 1
Onizuka Eikichi vient de trouver sa vocation : devenir prof. Oh non, il ne cherche pas à diffuser le savoir ou à contribuer à l’amélioration de l’humanité : ce qu’il cherche, c’est avoir l’occasion de draguer des lycéennes... Cet ancien voyou, entré à la fac en se faisant remplacer aux exams et incapable de trouver du boulot, va se trouver confronter aux loubards d’une classe difficile et à une jeune fille étrange mais très belle : Mizuki Nanako. Le début d’une vraie vocation et du flirt de ses rêves ?

RESUME TOME 2
A venir...

RESUME TOME 3
A venir...

RESUME TOME 4
A venir...

RESUME TOME 5
Ah là là, cet Onizuka, qu'est-ce qu'il m'aura fait rire ! Non seulement il est abruti mais en plus il se tape des tronches pas possibles à certains passages. Enfin bref, toujours est-il qu'au fur et à mesure que l'histoire progresse, on ne peut s'empêcher d'éprouver de la sympathie pour cet énergumène au bon fond. Car au-delà du fait de nous montrer un manga humoristique (c'est quand même l'un de ses grands atouts), l'auteur dénonce d'une certaine façon le système japonais et les tendances qu'ont les jeunes à se rebeller. Bien sûr c'est peut-être un peu extrême parfois, je pense notamment à l'affaire du pauvre Yoshikawa entre autres (quoique). Dans la même veine, la stupidité ainsi que la perversité des jeunes (mais aussi des vieux) est dépeinte de manière évidente. Certes, ça finit toujours en "happy end", mais la vérité est là, les rebelles sont de plus en plus fréquents et tout ça dénote d'un manque d'autorité chez les parents (absentéisme aussi). Il n'y a qu'à voir la fille du sous-dirlo qui se fout éperdument de son père, ne pensant qu'à son sac Prada, ou encore des petites pisseuses du style de Uehara dont la mère est présidente du conseil des parents d'élèves. Outre l'aspect négatif du Japon, l'auteur ne se prive pas pour nous montrer les derniers gadgets en tout genre à la mode là-bas. Les jeux vidéo, les groupes de J-pop et autres idoles japonaises sont souvent cités dans ce manga, et quelque part, ça rend l'ambiance plus réaliste, tant mieux donc. Ce qui est très fort aussi dans cette histoire, c'est de voir comment Onizuka parvient à chaque fois à se sortir de situations vraiment abusées, mais surtout comment il arrive avec sa méthode à lui, à redonner espoir aux jeunes dans le besoin. Il est un peu comme le sauveur de ces derniers qui finalement ne recherchaient qu'un prof en qui ils pouvaient se confier. Parlons un peu de la réalisation maintenant, c'est pas que ce soit moche, mais c'est tout de même pas du Hagiwara (aouch). Le dessin de Fujisawa est même parfois assez maladroit, les têtes des filles se ressemblent vraiment toutes, les proportions ne sont pas tout le temps respectées bien qu'il faille avouer que le style soit accrocheur. Le découpage de l'action est bon (ça va à enct à l'heure parfois !) et les fous rire ne manquent pas à l'appel. Bref, plus que grâce à son dessin, c'est le sénario et le personnage d'Onizuka qui sont intéressants.

Définitivement un grand manga, GTO s'inscrit d'ores et déjà dans les références de la BD japonaise, un film live a d'ailleurs été projeté dans les salles obscures nippones, preuve irréfutable de l'engouement du public pour cette série. Si vous ne l'avez toujours pas compris, je vous le dis carrément : ruez-vous sur GTO !

RESUME TOME 6
A venir...

RESUME TOME 7
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RESUME TOME 8
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RESUME TOME 9
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RESUME TOME 10
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RESUME TOME 11
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RESUME TOME 12
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RESUME TOME 13
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RESUME TOME 14
Nous voici à présent à un stade assez avancé du manga (la série compte au total 25 volumes), et depuis, en effet, le professeur Onizuka en a fait des belles et des pas mûres ! Et force est d'avouer que c'est toujours aussi drôle. Néanmoins, comme dans toutes séries longues, on pouvait hélas craindre que l'histoire ne traîne un peu en longueur, et c'est d'ailleurs arrivé. J'ai trouvé pour ma part que certains chapitres, notamment ceux avec Toroko, étaient un peu inutiles et finalement pas très drôles. Après cette petite baisse de régume, on ne pouvait donc qu'espérer retrouver cette fraîcheur qui se dégageait des premiers GTO, vous savez cet humour bien crasse qui reviendrait remettre d'accord tout ceux qui comme moi pensaient que la série traversait une mauvaise passe. Et heureusement, nous sommes exaucés ! Avec l'arrivée d'un nouvel élément perturbateur en la personne de Mayu, le petit-fils de la secrétaire générale, la sauce reprend un peu. Ce qui est certain maintenant, c'est qu'on attend avec impatience de voir comment Onizuka parviendra à le mater. Et quand on sait que Miyabi ne s'est toujours pas ralliée à sa cause, forcément, on reste fascinés. Les dessins de Fujisawa ont pris un peu plus d'assurance même si je ne me fais toujours pas aux visages des personnages féminins. Aucun autre changement notable n'est décelé au niveau réalisation. C'est toujours aussi travaillé et détaillé.

Comme c'était juste un petit point rapide, la conclusion va être, elle aussi, rapide : GTO est un indispensable. À lire si ce n'est à posséder afin d'orner fièrement votre petite (ou grande) mangathèque. Voilà qui est (re)dit.

RESUME TOME 15
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RESUME TOME 16
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RESUME TOME 17
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RESUME TOME 18
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RESUME TOME 19
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RESUME TOME 20
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RESUME TOME 21
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RESUME TOME 22
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RESUME TOME 23
Ah là là, on sent qu'on se rapproche de la fin de la série ! Le scénario atteint son paroxysme et les secrets sont dévoilés page après page, et ce n'est pas pour nous déplaire ! Tous les anciens amis de Miyabi se réunissent autour d'elle afin de lui faire remonter la dangereuse pente dans laquelle elle s'est engagée. Ainsi, ce volume lève le voile sur son secret et sur celui de la 4e-4. On pourra se réjouir de l'arrivée de nouveaux protagonistes dans l'histoire qui vont se révéler être la clé du scénario de ce tome 23 tels que Takumi, un ancien élève de la 4e-4, et ami de toute la classe, qui s'était apparemment exilé (on se rendra vite compte d'ailleurs qu'il ne nous est pas inconnu). Le scénario amènera un autre personnage sur le devant de la scène : M. Ôgi, ancien professeur principal de la 4e-4 que l'on avait juste aperçu dans le tome 22, et qui semble vouloir renouer le contact avec ses anciens élèves. Les Anges prennent également une place importante cette fois-ci, et Shibuya se trahira petit à petit, laissant sa véritable nature transparaître.

Bref, vous l'aurez compris, le scénario de GTO arrive à son apogée, avec ce qui est pour moi le meilleur tome de la série. Graphiquement, pas grand chose à rajouter : c'est semblable aux autres volumes, les décors sont magnifiques. Comme à son habitude, Onizuka fait toujours autant le con et règle encore moult problèmes avec sa technique bien à lui, mais ça lui va si bien ! D'ailleurs, cet opus débute en fanfare, avec une prise d'otage improvisée qui va tourner en quiproquo à s'en tordre de rire, pour se terminer dans un suspense insoutenable, ce qui ne peut que présager de bonnes choses pour les deux derniers tomes (snif, déjà plus que deux...)

RESUME TOME 24
A venir...

RESUME TOME 25
Malgré leur redoutable ténacité, les Anges n'ont rien pu faire pour démonter Onizuka et ses fidèles lieutenants. Même Miyabi qui en avait gros sur la conscience et qui projetait de se suicider a réussi finalement à regagner la confiance de ses amis de l'ex 4e-4. C'est donc après moult événements que le groupe exterminateur va s'écrouler, entraînant par la même occasion leur chef, la directrice "Miss Wonderbra" dont le désir de vengeance est démesuré. Mais alors que tout semble être rentré dans l'ordre, un rescapé des Anges parvient à grièvement blesser Onizuka, déjà bien amoché depuis le sauvetage de Miyabi. Que va-t-il advenir du great teacher ?

Après plus de deux ans de parution, l'une des séries qui m'aura le plus captivé arrive finalement à son terme. Et c'est donc avec une petite larme à l'œil (à moins que ça ne soit une poussière) que j'ai fermé cet ultime volume de GTO. La question reste entière pour tout ceux qui ont lu le précédent, Onizuka va-t-il mourir ? Je vous laisse le soin de le découvrir par vous-même sans vous donner le moindre indice (ça ne serait pas sympa de ma part, avouez). Sans surprise, Tôru Fujisawa parvient une fois de plus à nous prendre aux tripes, et malgré les nombreuses situations plus qu'improbables mais très spectaculaires dans lesquelles nous sommes conviés, on se surprend à rester scotchés devant ces chapitres écrits et dessinés avec justesse et, il faut bien le dire, un talent certain. L'auteur a réussi à mettre le doigt là où ça fait mal avec de nombreux cas qui, d'emblée, peuvent paraître marginaux, mais qui en fait ne sont qu'un reflet du côté sombre de la société japonaise. Preuve d'un certain malaise souvent dénoncé (Battle Royale). Mais au-delà de cette constatation, l'une des grandes forces de GTO réside dans ses protagonistes, tous plus marquants et touchants les uns que les autres. Ainsi, depuis le début de la série, on a vu débarquer de sacrés énergumènes avec des caractères tous bien trempés et qui en auront fait voir à ce pauvre Onizuka ! Et c'est encore plus vrai dans ce dernier épisode, vous verrez. Sous peine de me répéter, l'autre force majeure de la série c'est bien évidemment l'humour. Car ce qui est assez notable dans ce manga, c'est l'incrustation d'éléments comiques dans les planches quelle que soit l'intensité de l'action, c'est notamment vrai dans le tome 25, regardez le prof de gym ! Techniquement parlant, on ne peut qu'être admiratif devant la performance de Fujisawa qui est parvenu à maintenir une réalisation toujours aussi convaincante et dynamique (découpage et cadrage). Côté dessin, c'est comme d'habitude très détaillé (un peu trop même parfois) et plaisant à regarder. Le design n'étant qu'une pure question de goûts, comme beaucoup d'autres choses d'ailleurs, je dois dire, une fois de plus, que je n'apprécie que moyennement les visages féminins du mangaka. Ouhlà ! Mais qu'est-ce que j'ai dit ? Je sens que je vais me faire lyncher...

Composé de deux cents chapitres, ce manga parviendra sans peine à vous faire passer de bons moments d'émotion, mais également de franches rigolades. On ne va donc pas changer le refrain : GTO est réellement une réussite, et à voir le succès qu'il rencontre, c'est un vrai plébiscite !

# Posté le mardi 06 juillet 2004 05:42

Modifié le mardi 06 juillet 2004 13:33

PARASITE

PARASITE
PARASITE
Manga de IWAAKI HITOSHI

Thèmatique : Action - Fantastique - Suspens
Genre : Seinen

Titre original :
Kiseiju
Nb de volumes disponibles :
En France : 9 (en cours)
Au Japon : 10 (fini)
Editeur : Glenat
Prix public : 6€40

SYNOPSIS
De mystérieuses sphères abritant des parasites se répandent un peu partout sur Terre et prennent possession de certains habitants. Nul ne sait d’où elles viennent, mais elles sont là pour débarrasser le monde de l’espèce humaine.
Shin’ichi, jeune lycéen, est un hôte dont le cerveau a miraculeusement été épargné : Migy, son parasite, a pris possession de son bras droit ! Les deux êtres vont apprendre à cohabiter l’un avec l’autre. Shin’ichi se découvre doté d’incroyables facultés physiques, mais prend aussi conscience de la menace qui plane sur l’humanité tout entière...

RESUME TOME 1
De son nom japonais "Kiseiju", ce manga provient d'une idée originale de Hitoshi Iwaaki dans les années 90. Ce qu'on peut déjà faire, c'est avertir les plus jeunes lecteurs, ainsi que les plus sensibles d'entre vous, de la crudité de certaines scènes. Car oui, ce titre est ce qu'on appelle communément un "manga d'horreur". Hémoglobine coagulant, tripes qui dépassent, têtes coupées... Bref, ne vous en faites pas, vous y aurez droit. Vous voilà donc prévus. Concernant l'histoire maintenant, on peut souligner le côté humoristique qui ressort, assez difficilement il est vrai, de l'ambiance sombre et cruelle de l'œuvre, notamment lors des dialogues entre Shin'ichi et Migy. Saluons également le mangaka pour le design très original des parasites, et ce, quelque soit leur forme. En effet, la diversité des apparences de Migy, entre autres, est tout de même assez déconcertante en soi, et crée la surprise, voire la stupeur chez le lecteur. Quant à l'intérêt général, il semble se baser principalement sur la relation du couple Shin'ichi/Migy. Il est ainsi assez intéressant de regarder l'évolution du parasite de la main droite, voir son entrain à se cultiver du savoir humain. En fin de compte, on sera tous amenés à s'interroger sur le fait de voir si oui ou non Migy arrivera à s'adonner aux sentiments des êtres humains – ce qui serait bien trop classique à mon goût – mais aussi de faire prendre conscience que l'homme est une créature parfois bien stupide et cruelle, un thème abordé dans de nombreux manga comme Devilman de Go Nagai par exemple. Au niveau de la réalisation maintenant, notons que pour un "vieux" manga, les dessins sont d'un bon niveau de détails, le trait est d'une grande force, pour vous faire une idée, on dirait un peu du Urasawa... Bref, efficace. La mise en page par contre est plutôt vieillotte, avec sur certaines planches pas mal de petites cases, ce qui est assez caractéristique des anciens manga. Mais bon, ne chipotons pas, le rendu visuel final est plus que satisfaisant.

Alors que dire de ce premier volume de Parasite, tiré d'une série de dix ? Tout simplement qu'il est on ne peut plus accrocheur, que la diversité des scènes et que l'intelligence ennemie sont parfois bluffantes. De plus, le dessin est d'un bon niveau général, ce qui ne peut déplaire à l'amateur de belles planches. L'histoire n'est pas d'une grande complexité pour les neurones, mais semble nous réserver (espérons-le) des surprises par la suite. Avec Spirale de Junji Ito, paru il y a un petit moment maintenant en France, Parasite de Hitoshi Iwaka est un manga à ne pas rater.

RESUME TOME 2
Au prix d’un terrible effort, Shin’ichi est parvenu, avec l’aide de son parasite Migy, à tuer "Monsieur X". Mais suite au renvoi de Tamya Yoko, son professeur de mathématique, les problèmes s’enchaînent inéluctablement. Les parasites représentent toujours un danger pour l’espèce humaine, et Shin’ichi, seul à connaître la vérité, compte bien continuer à protéger les siens. Mais cette fois, la menace pourrait bien toucher sa propre famille.

RESUME TOME 3
Shinichi va devoir affronté sa "mère" durant ce combat il se découvre de nouvelles capacités. Miggy le parasite lui explique qu’il a du laisser une partie de lui-même aussi dans son corps et son coeur. Mais cela oblige parfois Shinichi à penser comme Miggy de manière froide et calculée.... Dans le m^me temps il se lie d’amitié avec Mamoru Uta, qui lui aussi est partiellement parasité.

RESUME TOME 4
Depuis quelques rencontres successives avec ses semblables et surtout, après la perte brutale de sa mère, Shin'ichi Izumi s'est endurci, aussi bien mentalement que physiquement, et tout cela en grande partie grâce à l'intervention de Migy. C'est avec ce nouvel état d'esprit que le duo s'apprête maintenant à combattre ce fléau faisant tous les jours plus de victimes, ces étranges parasites venus d'ailleurs... L'un d'entre eux justement, sous l'apparence d'un certain Hideo Shimada, sévit en ce moment même dans le lycée de notre héros. C'est la panique !

Après quatre volumes plus que mouvementés, et c'est rien de le dire, voici que notre héros faiblard du début se retrouve dans la peau d'un surhomme, capable de réaliser des prouesses physiques incroyables. La situation n'est bien évidemment pas sans rappeler un manga très connu (on en vient souvent à lui, j'ai remarqué), celui qu'affectionne tout particulièrement son auteur Go Nagai, l'excellent Devilman, où le jeune Akira, chétif au début, s'affirme suite à sa transformation pour mener la chasse aux démons. Le nouveau look, dans les deux cas, est assez démonstratif de ce changement d'état respectif. En tout cas, on peut dire que Hitoshi Iwaaki, l'auteur, parvient, volume après volume, à intéresser le lecteur grâce à la relation entre Shin'ichi et son bras droit Migy. L'absence totale de conscience chez le parasite, qui ne pense avant tout qu'à sa propre survie, instinct primaire par excellence, et ce, malgré le fait qu'il revendique une intelligence supérieure à celle des hommes, est remarquablement bien vue. On assiste ainsi à des paroles parfois crues de sa part, contrastant évidemment avec ceux du garçon, qu'un certain esprit humain semble encore habiter. En effet, malgré les efforts, apparents ou non que ce dernier daigne fournir pour rester "lui-même", force est de constater que le parasite s'empare de plus en plus de son corps, provoquant parfois des excès d'humeur imprévisibles de sa part, ce qui effraie son entourage. De là, on en vient aux personnages secondaires comme par exemple l'amie d'Izumi, Satomi Murano. Très importante aux yeux du jeune homme, elle fait bien entendu partie de ceux qui arrivent le mieux à le cerner, depuis son changement. Mais elle n'est pas la seule puisque Kana, la fille qui ressent les ondes parasites, elle aussi, semble jouer un rôle majeur dans la suite des événements, sans compter Yôko Tamiya... Les scènes de combats actuelles, ou plutôt de massacres, sont bien menées et peuvent même s'avérer choquantes (car pour le moins réalistes) pour le lecteur non averti. C'est loin d'être tout rose, Parasite, mais qu'est-ce que c'est bon ! Avis aux amateurs de "surnaturel" !

On se délecte toujours autant en lisant ce manga grandement original et intéressant à la fois. La réalisation n'est pas des plus léchées qui existent mais bénéficie tout de même d'un bon coup de patte de la part du mangaka, notamment dans le design complexe de certains monstres. En bref, un très grand manga à dévorer !


RESUME TOME 5
Shin’ichi découvre avec stupéfaction qu’un certain nombre de parasites se regroupent et tentent de faire élire un des leurs au poste de maire de la ville de... Kana ! Shin’ichi essaye donc, contre l’avis de Migy, de la mettre en garde au sujet des parasites qu’elle peut ressentir...

RESUME TOME 6
Shin’ichi et Migy se rendent compte que le détective employé par Tamiya Yoko pour les espionner est au courant de leur secret, ce qui pourrait devenir un gros problème pour eux. Mais Shin’ichi qui ne peut se résoudre à laisser un être humain se faire massacrer empêche Migy de le tuer. Suite à l’éléction du maire parasite, Shin’ichi décide de vaincre tous les parasites, même s’il doit les battre un par un...

RESUME TOME 7
Un des parasites est envoyé pour supprimer Shin’ichi devenu beaucoup trop gênant. Malheureusement ce parasite se révèle dans sa constitution tout à fait différent des autres et particulièrement dangereux. Quant à Tamiya Yoko/ Tamura Reiko, sa curiosité déplait fortement à quelques parasites qui décident d’aller régler ce problème...

RESUME TOME 10
Le combat contre "Goto" s'annonce délicat, si bien que l'opération qu'avait soigneusement entreprise Migy a échoué. Ce dernier tente de ce fait de retenir le plus longtemps possible le monstre pour que Shin'ichi puisse s'enfuir. Le voilà à présent à jamais séparé de son bras droit, lorsqu'il arrive chez une vieille dame en premier lieu peu accueillante, mais grâce à qui il va finalement trouver l'ultime déclic pour reprendre l'affrontement là où il l'avait laissé...

Le dixième et dernier volume de cette série pleine de suspense et d'angoisse est finalement sorti. Et ce n'est pas sans quelque tristesse que l'on tourne la dernière page de Parasite, refermant ainsi les aventures d'un jeune homme et de son parasite de main droite. Comme le dit si bien Hitoshi Iwaaki, ce manga est pour lui "un travail bien fait". On reprendra sans peine ses mots, tant l'ensemble de la qualité de son œuvre reflète à merveille toute cette rigueur et ce soin évidents apportés à la réalisation de ces planches mettant en scène combats endiablés, portraits humains et moins humains, ainsi qu'une grande leçon d'humilité vis-à-vis de la nature, et plus globalement de la planète. En clair, l'auteur s'est investi corps et âme à concocter cette histoire qui aura tenu en haleine plus de cinq ans ses fidèles lecteurs japonais (deux ans pour nous), il n'y a qu'à regarder l'état de l'atelier d'Iwaaki en rabat de couverture de ce tome 10 pour se rendre compte du degré d'implication de ce mangaka franchement talentueux qui, même s'il ne fait pas l'unanimité concernant ses dessins, aura eu le mérite de proposer un récit palpitant au script soigné et réfléchi, avec son lot de protagonistes à la personnalité recherchée et crédible. En effet, dans un certain sens, c'est cette crédibilité qui rend ce manga si attrayant. Certes on reste dans le domaine du "délire", mais la mise en scène des situations choc et la propos tenu font qu'un rien de doute parvient à s'installer dans les tréfonds de notre esprit. Du grand manga !

Chose assez rare pour être soulignée, Hitoshi Iwaaki est l'un de ses rares auteurs à savoir rester constant en termes de style graphique. Bien qu'un léger affinement se fait sentir entre les tout premiers volumes et grosso modo le milieu de parcours, on constate qu'au-delà le rendu visuel est homogène d'un volume à l'autre. On a ainsi l'impression d'avoir affaire à une œuvre écrite et réalisée en un seul jet, ce qui, toute proportion gardée, est quelque chose d'appréciable en soi. Le manque de dynamisme de certains combats, entre autres choses, fait tout de même dire qu'Iwaaki n'est pas "le" mangaka parfait.

On en termine donc avec cette série considérée à juste titre comme une œuvre culte. Le dénouement de l'histoire est rudement bien menée, comme d'habitude elle pourra toujours décevoir quelques lecteurs éternellement insatisfaits, mais le message délivré (et accessoirement l'apparition "surprise"), bien que conformiste à souhait, est beau, car humain.
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# Posté le mardi 06 juillet 2004 04:41

Modifié le vendredi 17 septembre 2004 10:14

VAGABOND

VAGABOND
VAGABOND
Manga de INOUE TAKEHIKO
Note globale : 9

Thèmatique : Action - Historique - Samourai
Genre : Seinen

Titre original :
Bagabondo
Nb de volumes disponibles :
En France : 18 (en cours)
Au Japon : 20 (en cours)
Editeur : Tonkam
Prix public : 9€00

SYNOPSIS
Tazeko Shinmen est presque un animal, une machine à tuer, sans discernement. Mais une rencontre impromptue va faire basculer la vie du jeune homme. Après avoir frôlé la mort, il ouvre enfin les yeux sur le monde et décide de devenir le plus grand de tous les combatants. Renommé Miyamoto Musashi, il se lance sur sa propre voie du budo et part défier les plus grands maîtres d’armes du Japon...

RESUME TOME 1
Takezo et Matahachi, 17 ans, fuyards. Engagés dans l’une des armées combattant dans le Japon médiéval, les jeunes hommes doivent échapper à ceux qui pourchassent les soldats errants et aux brigands. Il va falloir lutter pour vivre et vaincre...

RESUME TOME 2
A venir...

RESUME TOME 3
A venir...

RESUME TOME 4
A venir...

RESUME TOME 5
Après la terrible bataille de Sekigahara, zoom sur deux rescapés : Takezo Shinmen et Matahachi Hon'iden. Les deux amis d'enfance ont fait face à de nombreuses embûches dont ils sont toujours sortis victorieux. Mais un jour, à cause d'une femme, ils vont chacun choisir un chemin différent. Takezo qui est déjà un combattant inné pour son âge va essayer de trouver sa voie dans des duels sanglants, enchaînant combat sur combat, il va connaître des sentiments qui lui étaient totalement inconnus jusqu'alors comme la peur ou encore l'amour. Pendant ce temps, Matahachi se prélasse et moisit dans son coin. Quelques années plus tard, les deux hommes se croiseront de nouveau, mais dans des circonstances plus qu'inattendues. Ainsi débute l'histoire de celui qui deviendra Miyamoto Musashi.
AVIS
Vagabond est en fait une adaptation du roman La Pierre et le Sabre de Eiji Yoshikawa que je n'ai pas eu le loisir de lire malheureusement, limitant de ce fait une éventuelle comparaison entre le roman et le manga. Tout ce que je peux dire, c'est qu'à l'époque où il n'était pas encore sorti en VF, j'ai eu l'occasion d'en feuilleter quelques pages. Qu'est-ce qui m'y a fait intéresser au premiers abord ? C'est bien sûr le nom de Takehiko Inoue, le maintenant chez nous très célèbre mangaka à qui l'on doit la série Slam Dunk. En premier lieu, on peut dire que les dessins sont énormément travaillés, mais le style d'Inoue n'a pas, comme le diraient certains, radicalement changé entre Slam Dunk et Vagabond. En effet, si l'on regarde les derniers matchs de Shôhôku, on note que les joueurs ressemblent beaucoup aux protagonistes de Vagabond, notamment au niveau des bouches et des mains. En tout cas, le travail est maîtrisé, je ne sais pas si les décors sont du mangaka ou des ses assistants, mais toujours est-il que c'est incroyable de voir à quel point les détails sont aussi flagrants de réalisme. Les personnages ne sont pas en reste puisque les traits employés sont nombreux et complexes. Maintenant, on aime ou on aime pas ce style, c'est une autre histoire. Comme beaucoup d'entre vous, je me suis précipité sur ce manga une fois qu'il est sorti en VF, je ne m'attendais pas à ce qu'il soit si bien coté (la rupture de stock du premier tome en est une belle preuve). Enfin, tout ça pour dire que j'étais content de pouvoir comprendre l'histoire de Vagabond. En toute franchise, je dois dire qu'après lecture du premier volume, j'ai été déçu. En fait oui et non, disons que ça m'a pas marqué plus que ça quoi. Les volumes suivants m'ont apparu fort heureusement plus attrayants ! L'histoire ne repose principalement que sur des combats, ça ne me déplaît pas mais le problème c'est qu'ils sont assez "mal faits", c'est sûrement parce qu'ils se veulent "réalistes" mais bon, c'est pas assez recherché dans les mouvements par exemple, enfin c'est ce que j'ai remarqué, quoi. Évidemment, il y a tout de même un sens "profond" à ces combats de Takezo, c'est la recherche de sa propre personnalité. On sent un héros oppressé par les hommes, un marginal qui doit trouver son identité à travers les combats car il ne sait faire que ça : se battre. Il est aussi intéressant de voir à quel point un homme peut être mauvais perdant (Takezo n'est pas ce qu'on pourrait appeler un "gentleman") et obstiné quand il veut quelque chose (cf. tome 5).

Pour résumer, la réalisation est impeccable, les combats sont assez foireux, l'histoire tient cependant en haleine, et un Miyamoto Musashi qu'on prend plaisir à voir évoluer, tout est là pour garantir le succès déjà acquis de ce manga en France.
RESUME TOME 6
A venir...

RESUME TOME 7
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RESUME TOME 8
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RESUME TOME 9
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RESUME TOME 10
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RESUME TOME 11
Musashi parvient enfin à se frayer un chemin jusqu'à la demeure du meilleur bretteur au monde, Sekishusai Yagyu. Puisque celui-ci est paisiblement en train de dormir, Musashi n'a plus qu'à abattre sa lame sur la gorge du vieillard, mais le doute et la panique s'emparent de lui. Il est à sa merci, le rêve de Musashi peut enfin se réaliser, être le meilleur bretteur au monde, "sans rival" comme il le souhaite depuis si longtemps. Seulement face à Yagyu, Musashi s'interroge, doute, est en proie à de terribles hallucinations, tous les démons du passé ressurgissent, son père, son adolescence... Pendant ce temps Kojiro Sasaki alias Matahachi se trouve dans la pire des situations, un certain Shojiro Kai a découvert son imposture et le provoque en duel. Fuira t-il comme à son habitude ou fera-t-il face comme un brave ?

Un volume surprenant ou l'on découvre un Musashi paniqué et angoissé, lui qui est toujours si sur de lui. La rencontre avec Sekihusai se révèle être passionnante, et pour une fois ce ne sont pas les sabres qui se croisent mais bel et bien les esprits qui se font face. Otsu prend de l'importance, c'est aujourd'hui une femme mûre et courageuse qui part à la recherche de son amour, elle qui était plutôt effacée auparavant. Le volume 12 va à coup sûr atteindre des sommets, le duel de Matahachi aura certainement lieu et le nouvel ennemi de Musashi fera son apparition, un mystérieux champion de la faucille du nom de Baiken Shishido.

RESUME TOME 12
Après sa confrontation face au clan Yagyu et sa rencontre avec le maître Sekisushai, Musashi a pris conscience qu'il était encore bien loin d'avoir atteint le but qu'il s'était fixé et que bon nombre d'adversaires plus redoutables les uns que les autres lui feront barrage un jour ou l'autre. C'est d'ailleurs devant Baiken Shishido, l'homme à la faucille, qu'il va devoir faire face cette fois-ci... De son côté, Matahachi dit "Kojiro Sasaki", tente lui aussi de trouver la voie qui lui permettrait de devenir plus fort. Avec beaucoup de difficultés et une chance inouïe, il parvient à se tirer de situations les plus extrêmes. Dans son for intérieur, il rêve de surclasser son ami d'enfance, hélas pour lui, la route semble encore bien longue...

Ce douzième volume de la quête initiatique de Takezo et Matahachi parvient sans peine, et presque comme d'habitude ces derniers temps, à agréablement sortir son épingle du jeu des productions actuelles. Outre des combats en abondance, c'est son côté "philosophique" et métaphorique qui parvient à captiver l'attention du lecteur. Musashi se bat, mais pourquoi se bat-il ? Il veut être fort, mais pourquoi devenir fort ? Lui-même ne semble pas le savoir. La seule chose qu'il sait, c'est qu'il peut se battre, et qu'il doit devenir le meilleur. Certainement est-ce lié à son enfance éprouvante et de la difficulté des relations qu'il a eues avec son père, mais en tout cas, maintenant, après son affrontement spirituel contre le maître Sekisushai, ce dont il est sûr, c'est que le sommet lui paraît encore très loin. Car comparativement, la sommet de la montagne représenterait sa victoire, et c'est là que l'image devient intéressante et bien trouvée. Même si finalement on pourrait traduire ça par un "il y a toujours plus fort que soi", la hargne et la détermination de Musashi à gravir cette montagne donnerait presque des frissons tant on ressent sa volonté ressortir des pages. Et une fois en haut, la vision est tout autre, mais ça je vous laisser le découvrir par vous-même... Et c'est en ça, entre autres, je pense, que ce manga est si captivant. Bien sûr, il y a également le fait que l'on suive en parallèle l'évolution de Matahachi qui est important, sa fougue, dans une autre mesure, est aussi très intéressante à regarder. Enfin, tout ça pour dire que c'est un volume qui à coup sûr vous passionnera à défaut de vous divertir, et quand on s'aperçoit en plus que les dessins sont plus beaux et détaillés (beaucoup d'expressivité sur les visages, décors travaillés...) que jamais, là franchement, on ne peut qu'exulter. Cependant, malgré une réalisation (cadrage, mise en page...) exceptionnelle, je maintiens ce que j'ai dit auparavant : les combats ne sont pas assez vifs et manquent un peu de "peps", mais ce jugement ne regarde que moi, bien évidemment...
Au final, je dirais que la série continue de se lire avec plaisir, de nouveaux adversaires arrivent, ce qui signifie que de nouveaux combats physiques mais aussi psychologiques seront de la partie, jusqu'au jour de dernier duel. Un manga d'un très grand professionnalisme dans sa réalisation et d'une bonne intrigue scénaristique, tout bonnement excellent.

RESUME TOME 13
Miyamoto Musashi face à Baiken Shishido. Le combat s'annonce rude et éprouvant, aussi bien pour l'un que pour l'autre. La tension est à son comble lorsque celui que l'on appelle le fils du démon sort une garde combinant à la fois défense et attaque. Comment va réagir son adversaire face à cette nouvelle posture, le Dieu de la Mort commencerait-il a douter ?

Cet épisode est dédié intégralement au duel opposant Miyamoto Musashi à Baiken Shishido, anciennement et respectivement Takezo Shinmei et Kohei Tsujikaze. Dans cet affrontement au sommet, le vagabond connaîtra, une fois de plus, ce que le sentiment de peur veut dire. Lui comme son adversaire sait parfaitement que l'un d'entre eux ne va pas en réchapper, mais paradoxalement, il va également se créer une espèce d'atmosphère de sympathie entre les deux combattants. Chacun reconnaissant les talents de l'autre, les coups ne sont pas portés à la légère, ils sont méticuleusement réfléchis et analysés au préalable. Bien que la baston soit évidemment l'élément majeur de ce volume, on ne peut que féliciter l'auteur pour le gros travail effectué pour que la mise en scène et le découpage soient irréprochables, alternant assauts et flash-backs. Flash-backs qui mettent en scène, notamment, l'autre personnage principal de cet instant : la petite fille qui s'appelle Rindo, celle qui a appris à Kohei Tsujikaze l'art de la faucille de guerre. Elle jouera, comme c'était prévisible, un grand rôle dans le dénouement de ce sanglant combat. Alors que Takezo, une fois encore, est parvenu à surpasser une autre de ses faiblesses, Kohei, lui, découvrira une chose que son cœur ne peut réfuter. Excellent. En fin de volume, on aura droit à un épisode spécial concernant la jeunesse de Kohei Tsujikaze. On y découvre un être d'apparence raffiné, mais extrêmement immonde et perverti à l'intérieur. Enfin, ceci explique le pourquoi des choses, et Takehiko Inoue a bien fait de le préciser. C'est vrai sinon que je n'ai pas parlé des graphismes, mais à quoi bon ? Pour faire simple, ils sont toujours étonnamment détaillés, précis et justes. Lorsqu'on voit toutes ces brindilles d'herbes, on imagine aisément le travail qu'il y a derrière. Alors, M. Inoue, n'arrêtez pas de nous émerveiller par votre incroyable maîtrise !

Ça devient une habitude, mais une très bonne bien sûr, que de nous proposer un excellent chapitre de Vagabond, décidément toujours aussi puissant et profond. Ce volume est habilement mis en page, case après case, on se délecte. On en redemande !

RESUME TOME 14
Un jour, dix-sept ans avant la bataille de Sekigahara, le maître Jisai Kanemaki, aujourd'hui devenu ermite, reçoit une lettre lui demandant de s'occuper d'un nouveau né du nom de Kojiro Sasaki, venu tout droit de la mer avec un sabre à ses côtés. Des jours, des mois, des années passent et l'enfant grandit. Il a maintenant trois ans. Malgré toutes les tentatives du maître à dissuader Kojiro à se servir de sa lame, ce dernier s'entraîne en cachette avec un bâton en bois. Et chose exceptionnelle, il parvient à devenir un bretteur expérimenté. C'est l'histoire du vieil homme, la mer et l'enfant...

Takehiko Inoue nous propose, cette fois, une sorte d'entracte à la quête initiatique de Musashi en nous contant l'histoire de celui à qui l'impétueux et chanceux Matahachi a pris l'identité, Kojiro Sasaki. À travers la personnalité très humaine de Jisai Kanemaki, un vieil homme anciennement maître d'armes, on assiste à l'épanouissement d'un enfant prodige, sourd de naissance mais à la faculté intellectuelle et physique hors du commun. Les déboires du maître à élever, pour la première fois signalons-le, un bambin sont légion, mais sont très justement décrits et dessinés (expressions du visage inquiet...) par l'auteur. Voulant à plusieurs reprises abandonner lâchement la mission qui lui a été confié, il retrouve malgré tout du baume au cœur dans des sursauts d'élan et tente de nouveau, plusieurs fois, sa chance auprès du gamin. Heureusement pour lui qu'il est épaulé dans sa tâche par des villageois du coin ! Sinon, on se demande bien comment aurait grandi le pauvre Kojiro Sasaki. La deuxième partie de ce quatorzième volume met plus en avant le côté déterminé et éveillé de l'enfant, voulant à tout prix apprendre à se servir d'un sabre. Une rencontre d'ailleurs très symbolique, mais importante, va en effet lui apprendre l'autre côté de ce "sport" qui lui paraît amusant : la douleur d'être blessé. Le temps passe, Kojiro devient un bel adolescent, apparemment heureux dans sa peau. Son handicap, souvent sujet à bien des moqueries des enfants d'à coté, ne l'empêchera cependant pas d'être respecté par ses congénères, ou plutôt de gagner leur respect (grâce à son habileté au sabre). Le prochain volume continuera vraisemblablement cette intéressante petite histoire, comme le laisse présager la fin de l'ouvrage.
Nul besoin, je pense, de vous parler de la réalisation plus qu'impeccable du mangaka qui signe, une fois encore, des planches d'une grande qualité graphique. Le nombre hallucinant de détails qui ornent chacun des dessins est absolument exceptionnel. Excellent.

Plutôt que de continuer à vous en dire plus sur cette nouvelle "histoire" dans l'histoire, je vous conseille fortement de vous approprier, si ce n'est déjà fait, bien entendu, ce très grand manga qu'est Vagabond, définitivement une réussite sur toute la ligne, et l'un des meilleurs manga qui existe sur le marché, à mon humble avis.

RESUME TOME 15
A venir...

RESUME TOME 16
A venir...

RESUME TOME 17
Loin des regards indiscrets, Kojiro Sasaki et Denshiro Yoshioka s’affrontent sur une plage au clair de lune. Un disciple de son père le regarde combattre et observe les chamboulements qui s’opèrent en lui au cours du duel.
Peu à peu, le potentiel et le génie de Kojiro s’affirme, mettant en difficulté son adversaire dont la volonté est loin d’être aussi inébranlable...

RESUME TOME 18
Loin des regards indiscrets, Kojiro Sasaki et Denshiro Yoshioka s’affrontent sur une plage au clair de lune. Un disciple de son père le regarde combattre et observe les chamboulements qui s’opèrent en lui au cours du duel.
Peu à peu, le potentiel et le génie de Kojiro s’affirme, mettant en difficulté son adversaire dont la volonté est loin d’être aussi inébranlable...
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# Posté le lundi 05 juillet 2004 16:35

Modifié le mardi 06 juillet 2004 13:43

COQ DE COMBAT

COQ DE COMBAT
COQ DE COMBAT
Manga de TANAKA AKIO & HASHIMOTO IZO
Note globale : 8

Thèmatique : Apprentissage - Combats - Violent
Genre : Seinen

Titre original :
Shamo
Nb de volumes disponibles :
En France : 8 (en cours)
Au Japon : 19 (en cours)
Editeur : Delcourt
Prix public : 7€25

SYNOPSIS
Ryô Narushima, 16 ans, est le meurtrier de ses parents, de riches notables japonais. Interné dans une maison de corrections, le garçon est victime des brimades les plus dures et fait la connaissance d’un étrange professeur d’arts martiaux. Cette rencontre et une dernière entrevue avec sa soeur vont le transformer et l’esprit du combat va donner un sens à sa vie...

RESUME TOME1
Ryo Narushima, 16 ans, étudiant brillant et sans histoires, fils d’un banquier réputé, sombre soudainement dans la folie et tue ses parents en les poignardant frénétiquement à l’aide d’un cran d’arrêt. L’histoire défraye la chronique, et il est envoyé dans une maison de correction où il subit de nombreux sévices sexuels. Une situation qui rendrait n’importe quel ado, complètement fou, pourtant sa rencontre avec sa jeune soeur et les cours de karaté dispenser par un détenu vont transformer ce jeune garçon chétif en un combattant hors pair...

Commentaire

Plus connu sous le titre de Shamo, cette série remporte actuellement un vif succès dans son pays d’origine, et devrait faire de même dans notre contrée.
Ce premier tome aborde de façon magistrale des thèmes forts mais aux combiens réels. On commence par la forte pression exercée par la société sur les jeunes, les obligeants à étudier sans relâche, entraînant certains à commettre d’atroces crimes. C’est ensuite le milieu carcéral que nous dépeint l’auteur, avec tout ce qu’il a de plus horrible, abus sexuels, sévices, brimades. Seules portes de sortie pour les plus faibles, la mort, la folie, ou devenir un jouet. Pour Ryo, cette existence n’est pas concevable et c’est aux travers des arts martiaux et plus particulièrement du Karaté qu’il retrouvera la lumière, devenant à son tour un homme fort, capable de tenir tête aux caïds...
A la différence de la plupart des autres mangas traitant d’arts martiaux, celui-ci est totalement ancré dans la réalité. C’est ce qui fait sa force mais aussi le fait qu’il soit déconseillé aux jeunes lecteurs, dés les premières pages le ton est donné et cela ne s’arrête pas au fil de la lecture.
J’ai pour ma part été happée par ce premier tome que j’ai dévoré du début à la fin. Le dessin est extrêmement bien travaillé et détaillé, notamment les visages, très expressifs. L’adaptation est de bonne qualité, rien à reprocher.
Vous l’aurez compris j’ai vraiment beaucoup apprécié la lecture de ce premier tome, que je vous conseille vivement.

RESUME TOME 2
Narushima poursuit sont apprentissage tant physique que moral, décidé à survivre à cet enfer. Le karaté lui donne cette force de caractère qui lui permet de se soustraire non seulement à la politique des détenus, mais également à la « pédagogie » pénitentiaire...

RESUME TOME3
Depuis sa sortie de la maison de correction, Ryo gagne sa vie en jouant les gigolos, jusqu’a ce qu’il décide d’arrêter, ce qui ne plait guère à son proxenète. A la recherche de sa soeur, Natsumi, il fait la connaissance d’une prostituée nommé Megumi. En regardant un combat de Lethal Fight, à la télévision sa passion pour le karaté le reprend. Son proxenète Mr Yamazaki, qui voit en lui un champion, accepte de passer l’éponge et lui envoie un manager, un certain Kohei Fushiyoshi qui sera chargé de s’occuper de lui...

RESUME TOME 4
Pour devenir plus fort Ryo cherche à se mesurer a des gars plus forts que lui et surtout doué en arts martiaux. En affrontant un certain Hideji Osawa, classé troisième au karaté Banryu-kai et disciple de Kenji Kurosawa, il prend conscience que depuis sa sortie du pénitencier il a régresser de niveau. Repéré par Yoko Kamio la productrice du Lethal fight, il obtient le droit de passer un test pour participer à un tournoi du Banryu-Kai...

RESUME TOME 5
Ryo va pouvoir participer au tournoi du Banryu-kaikan. Afin de se préparer, il visionne les k7 des anciens tournois et se renseigne sur ces futurs adversaires. Puis il part s’isoler sur un petite île déserte en compagnie d’une prostitué.
C’est le début du tournoi, Ryo se fait trés vite remarqué par son karaté différent et son attitude. Il parvient jusqu’à la finale où il doit affronter Yokai Kakuichi, un jeune garçon apparemment bien sous tous les rapports, tout le contraire de Ryo. Le combat promet d’être sensationnel...

RESUME TOME 6
Toute une équipe se met en place pour entraîner Ryo pour son combat au Lethal fight. Ils partent tous pour les montagnes, où Ryo retrouve Mr Kurogawa, son maitre du camp de détention, qui a été relaxé. Cet entraînement intensif lui permet de se forger un corps d’acier, afin de pouvoir affronter des poids lourds tels que Sugawara. Pourtant, celui-ci ne sera pas son premier adversaire, Mochizuki désire d’abord lui opposer, un jeune champion de boxe thaï, qui se bat pour nourrir sa famille, tout l’inverse de Ryo. Le combat promet d’être difficile...

Commentaire

Un tome axé sur la préparation physique de Ryo et sur sa confrontation avec un jeune adversaire, beaucoup plus fort que lui, dans une discipline très différente de la sienne.
C’est intense et prenant, j’ai particulièrement apprécier l’enchaînement entraînement/combat qui ne dure pas plusieurs tomes, la narration est classique mais efficace. On ne se lasse pas un seul instant.

RESUME TOME 7
La dernière victoire de Ryo a un goût amer, le combat s’étant soldé par un match blanc, suite à la décision de Mochizuki. Mais l’organisateur ne tient pas ses promesses et ne lui laisse pas la possibilité d’affronter Sugawara lors du Lethal fight. Tant est si bien que le jeune loup va tout mettre en œuvre pour l’obliger à le combattre. Il va alors toucher le seul point faible de Naoto, sa fiancée, Moemi Funato...

Commentaire
Obsédé par Sugawara, Ryo va lui même se créer l’opportunité de l’affronter, quitte à y perdre sa propre conscience. C’est un homme cruel et obscène mais au combien acharné qui nous est présenté dans ce tome. Et pourtant malgré le coté pervers et pernicieux, on en redemande. Preuve que ce titre vaut vraiment le détour.
A réserver toutefois à un public adulte, compte tenu des scènes difficiles qui y sont proposées...

RESUME TOME 8
Le passé de meurtrier de Ryô refait surface et la une des journaux. « Ryô Narushima est le jeune garçon qui a assassiné ses parents... ». Mais cela n’altère en rien son désir de combattre l’homme qui représente tout ce qu’il exècre, Naoto Sugawara. Ce combat sera peut-être l’occasion de faire disparaître les démons intérieurs qui le rongent. Et malgré les avertissements de son maître, il est prêt à l’affronter quel qu’en soit le prix à payer...

Commentaires
Les deux hommes s’entraînent pour l’affrontement ultime. Sugawara est parti à l’étranger tandis que Ryo, utilise les équipements qui sont mis à sa disposition. Mais l’arrivé inattendu de Yamazaki risque de bouleverser la donne...
Un huitième tome toujours aussi intense, que ce soit dans les rencontres ou dans les actes du héro. Les auteurs continuent de nous surprendre...

RESUME TOME 9
C’est l’événement de l’année, le « Lethal fight du millenium », va bientôt avoir lieu. En attendant le début du tournoi tant attendu, Ryo poursuit sa préparation. Son Ossan lui consacre toute son énergie au détriment même de sa santé.
Le grand jour arrive enfin, l’affiche de présentation est claire "Naoto Sugawara vs Ryo Narushima, crime et châtiment"...

Avec ce tome débute un combat qui va s’étaler sur plus de 700 pages. En attendant, par rapport au volume précédent le scénario n’évolue quasiment pas, on se délecte surtout du graphisme réaliste et précis de Akio Tanaka. Cet artiste au talent indéniable, n’a guère besoin de rajouter du texte, tant son dessin est expressif et prenant. Un véritable régal, dont on ne se lasse pas...
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# Posté le lundi 05 juillet 2004 16:22

Modifié le jeudi 07 octobre 2004 07:09

BLAME

BLAME
BLAME
Manga de NIHEI TSUTOMU
Note globale : 9

Thèmatique : Fantastique - S.F
Genre : Seinen

Titre original :
Blame !
Nb de volumes disponibles :
En France : 10 (fin)
Au Japon : 10 (fin)
Editeur : Glenat
Prix public : 6€40

SYNOPSIS

Killy est un cyborg taciturne qui erre dans une gigantesque cité labyrinthique, s’étendant sur des milliers de niveaux. Armé d’un revolver amplificateur de radiations et accompagné de Shibo, un scientifique, il part en quête du "net-gene", un programme qui aurait échappé à la contamination globale d’un virus informatique, et qui serait capable de gérer le monde...

RESUME TOME 1
L’histoire se déroule dans un monde semblant être la terre dans un futur plutôt lointain. Les hommes (ou les machines, ou autre chose encore...) on creusé sur d’innombrables niveaux la planète, offrant des milliers d’étages habitables sous terre. Pourtant cette civilisation s’est effondrée. Nous suivrons Killy, un cyborg, dans ce labyrinthe infernal, à la recherche de gènes précédent une mystérieuse épidémie due à un virus informatique mais également à la recherche de civilisation. Au cours de son périple il devra lutter contre de nombreux ennemis...

RESUME TOME 4
Dans une époque futuriste, dans des sous-sols abyssaux, où seuls des cyborgs semblent encore survivrent, Killy erre dans la noirceur des étages ravagés par les troupes du bureau gouvernemental. Il possède une arme surpuissante appelée émetteur à positrons. Grâce à elle, il parvient à se frayer un chemin dans ce labyrinthe de terreur au paysage inlassablement vide mais sophistiqué. Mais que recherche-t-il ?
AVIS
Blame ! est un manga à part qui déroute sur pas mal de points. Déjà le l'intrigue, si l'on peut dire, est vraiment originale. Le volume 1 par exemple ne contient quasiment pas de dialogues, tout est dans la gestuelle des personnages, tout est dans le silence ambiant et les architectures extrêmement détaillées qui contribuent à la noirceur des lieux. Le dessin de Tsutomu Nihei à ce niveau-là est en effet une pure merveille de sophistication. Les traits des personnages esquissés contrastent énormément avec les décors vertigineux et si travaillés qu'il nous propose, dans tous les sens du terme. L'impression et l'atmosphère qui s'en dégagent n'en ressortent que plus uniques et plus intenses. L'histoire n'est pas encore très avancée au moment où cette chronique es réalisée, un voile encore très obscure recouvre cette histoire, mais on apprend tout de même bien des choses sur Killy et sur ce qu'il est en réalité. Seul dans sa quête, notre héros fera la rencontre de Shibo, la scientifique-cybernétique qui semble être de son côté dans ce monde futuriste terrible. Du moins pour le moment, on n'est jamais à l'abris d'un retournement de situation imprévu. Bref, il s'agit là de toute évidence d'un manga vraiment novateur et décalé, limite inclassable. Quelque part, on est vraiment pris dans cet univers où il ne fait pas bon d'y mettre les pieds, tant leur complexité et leur profondeur renforcent le côté pseudo-réaliste de la chose. Les scènes d'action, dont les découpages sont très bien rendus, font on ne peut plus plaisir à la rétine, et côté cadrage, tout est vraiment nickel, car à vrai dire d'une grande simplicité.

Blame est un titre qui mérite qu'on s'y attarde, d'autant plus que c'est un tout nouveau mais déjà très talentueux mangaka qui s'en occupe. Tsutomu Nihei, retenez bien ce nom. Pour un premier titre, on peut dire que c'est un coup de maître, et sans assistant, s'il vous plaît.

RESUME TOME 9
Alors que Shibo semble avoir perdu la mémoire après sa transformation en sauvegarde, arrive un agent du bureau gouvernemental. Celle-ci, car c'est une femme, cherche à récupérer la boule qui se trouve à l'intérieur de Shibo. Malheureusement, elle n'est pas la seule intéressée car un groupe armé semble vouloir la même chose.

Arrivé avec un peu de retard chez Glénat, ce 9e volume des tribulations de Killy dans le "Cyber Dugeon" a été attendu avec une certaine impatience par les fans de la série. Après un volume 8 excellent – notamment au niveau scénario avec son lot de révélations sur la résosphère et la fameuse rivière qu'il faut traverser, mais aussi niveau action avec la prestance de Dhomochevsky – le lecteur en attendait forcément beaucoup de cet avant-dernier volume (hé oui, déjà !).
Pour ne pas garder le suspense plus longtemps, on peut dire qu'il y a de quoi être déçu. Non rassurez-vous tout de suite, l'auteur n'a pas essayé d'imiter les dessins de Togashi. Nihei reste toujours fidèle à son univers où la technologie et la démesure sont toujours omniprésentes : il faut voir notamment les habitations s'étendant à perte de vue ainsi que la notion de temps et d'espace qui semblent ne pas avoir de limite. Cependant, bien que les scènes d'action ne manquent pas, il convient de dire que ce volume est beaucoup plus sage comparé aux précédents. On assiste un peu à un retour aux sources où l'histoire se raconte avec les dessins au fil des planches : les bulles se font rares, d'ailleurs tout autant que les personnages en présence. Tout concorde donc pour évoquer le sentiment de vide, ou de quiétude comme le qualifierais certains.
Du chaos qui ornait de manière presque insolente les planches des tomes anciens, il ne reste maintenant que des structures bien lèchées et plutôt sobres. L'action arrive maintenant de manière saccadée et ne sert visiblement qu'à montrer l'habilité et la maitrise de l'agent gouvernemental. Du coup, on ne sait plus vraiment quoi penser... l'attente du lecteur sera-t-elle comblée alors que le prochain volume sera le dernier ? Bon, allez, tout n'est pas si mauvais que ça dans ce volume qui, même s'il est en dessous de nos espérances, parvient tout de même à tenir en haleine le fan de la série... en effet, Nihei ménage toujours son suspense et rechigne toujours autant à donner des indices concernant l'intrigue ! Les dessins sont toujours de toute beauté même s'il sont plus "sages" qu'auparavant. On ne peut être qu'émerveillé devant le travail accompli et la technicité de certaines scènes, surtout que l'auteur n'a aucun assistant aux dernières nouvelles.

On pourrait donc qualifier ce 9e volume de transitoire et qui a vraisemblablement pour but inavoué de mettre en scène les acteurs qui apparaitront dans le final : j'ai dénommé Killy, Shibo et l'agent gouvernemental. La fin du volume en elle-même laisse perplexe car nous en sommes déjà à l'avant-dernier volume (oui, je le répète) et il est bien malheureux d'en savoir toujours aussi peu ! Une fin "à la Evangelion" serait donc envisageable (ce qui signifie en gros, une fin ouverte), même si cela ne fera sans doute pas plaisir à tout le monde.

RESUME TOME 10
Après une longue marche quelque peu mouvementée, Killy arrive finalement à atteindre le niveau -9 désormais sous l'emprise des silicates. Ces derniers ont par la même occasion récupéré Shibo dont la sphère qu'elle héberge attire toutes les convoitises : il semblerait en effet qu'elle détienne le secret permettant de sauver la ville. La lutte entre les protagonistes s'annonce sanglante et la fin mythique...

Tel est le résumé et la conclusion de la série phare de M. Nihei. Après avoir été quelque peu ébranlé par la fin un brin ésotérique, j'ai décidé de reparcourir brièvement l'intégralité des volumes de Blame ! et quelle ne fut pas ma surprise de constater que l'intrigue se reconstituait d'elle-même tel un puzzle ! Un puzzle gigantesque dont il manque forcément toujours quelques pièces. L'interprétation ne peut donc qu'être subjective mais je me permettrai tout de même de vous donner ci-dessous ma vision du monde de Blame ! et qui je pense est assez proche de celle de l'auteur. Celle-ci sera abordée à travers deux axes : l'ampleur et la limite de l'exponentialité.

Une œuvre tout d'abord exponentielle de part la démesure de son univers où les habitants qui le peuplent en sont l'expression parfaite : fragile, chaotique et surpuissant. Au fur et à mesure des niveaux, ceux-ci deviennent sans cesse plus grands, plus éloignés et plus difficiles. Shibo déclare elle-même que pour arriver au bout de la ville (le niveau 0 ?), le chemin sera encore plus long et plus périlleux que celui emprunté pour parvenir jusqu'au niveau -9. Rappelons tout de même que Killy revient du niveau -5000 ! Le temps lui non plus n'a pas de limite : aucune date précise n'est mentionnée et les seules indications qui reviennent indiquent des passages s'étant produits il y a fort longtemps.

Au-delà ce monde, appelé la réalité basique, coexistent d'autres univers, virtuels cette fois-ci, dont la résosphère est la plus convoitée. C'est en effet le lieu de refuge des humains dont les gènes n'ont pas encore été contaminés et siège du bureau gouvernemental. Malheureusement, tout comme leur monde, ces humains ne possèdent pas de corps réels et ils se déplacent dans la réalité basique à travers des enveloppes de silicium. Toutes les autres personnes (humaines ou non) n'appartenant pas à la résosphère sont considérées comme contaminées et doivent être éliminées par les sauvegardes. Dans un monde chaotique et pris d'assaut par les silicates, le bureau gouvernemental rêve de récupérer des véritables gènes afin de les faire prospérer dans une zone non contaminée et ainsi rétablir la présence humaine dans la réalité. C'est la mission de l'enquêteur Killy qui, après en avoir récupéré dans le dernier volume, devra les rapporter au bout de la ville censée être à l'abri de la contamination.

L'ouverture finale montre que ce puzzle n'a pas de limite et que l'ensemble de l'œuvre n'est finalement que le début d'un chapitre dont la fin reste encore à écrire. C'est là toute la limite de l'exponentialité de l'œuvre qui, à vouloir offrir un univers trop riche, en perd le contrôle et le lecteur par la même occasion. Le défi le plus fou a certainement été de vouloir faire tenir l'intrigue en 10 volumes seulement, et la fin modeste, somme toute faite en 3 pages, montre clairement les difficultés qui se sont imposées à l'auteur pour mettre un terme à un univers qui par essence n'en a pas.

On reste cependant sublimé par la scène finale quasi-cinématographique où Shibo est plongée dans un espace de stockage temporaire avec des décors qui semblent tout droits inspirés de Tim Burton. Je me rends compte que je ne me suis pas encore exprimé sur la tenue de ce dernier tome mais vous devez vous douter que je le trouve en tout point excellent. L'action y est abondante et la mise en scène dynamique impose une envergure et un charisme évident aux protagonistes. Ma seule déception concerne malheureusement la fin qui aurait du justement ne pas en être une... si toute bonne chose a une fin, celle-ci est arrivée bien trop vite.
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# Posté le lundi 05 juillet 2004 15:32

Modifié le mardi 06 juillet 2004 13:44